Exclusif web

Hermann Christian Kouassi veut booster l’entrepreneuriat en Côte d’Ivoire

Par Harley Mackenson le 9 Septembre 2016


Après 14 ans de carrière dans le management commercial, l’analyse financière et la stratégie d’entreprise, Hermann Christian Kouassi saute le pas à 37 ans dans l’entrepreneuriat et fonde Incub’Ivoir. Il se positionne sur le marché des incubateurs et des accélérateurs en Côte d’Ivoire. Portrait d’un homme audacieux qui souhaite développer l’écosystème entrepreneurial et start-up dans son pays.



Hermann Christian Kouassi veut booster l’entrepreneuriat en Côte d’Ivoire
En mettant sur pied Incub’Ivoir, une structure d’appui dédiée aux porteurs de projet, Hermann Christian Kouassi, marié et père de trois enfants, compte bien surfer sur le dynamisme retrouvé de l’activité économique en Côte d’Ivoire, la « locomotive » la sous-région francophone.

A lire également : Investisseurs : la ruée vers Abidjan

Pourtant, ce grand amateur de football affiche dès son jeune âge d’autres ambitions pour sa future carrière professionnelle, rêvant de défendre les opprimés en tant qu’avocat ou de s’enrôler dans l’armée comme officier, suivant les traces de son père qui travaille dans une autre institution de l’Etat, la Douane. Malheureusement il doit renoncer à ses ambitions pour cause de maladie. Au final, il se résigne à suivre un parcours académique classique en étudiant les mathématiques et les sciences de la nature, et obtient un Baccalauréat D en 2000 au Lycée Municipal de Marcory à Abidjan. Par la suite, Il intègre l’école de commerce INSTEC où il effectue l'ensemble de son cursus universitaire et en ressort titulaire d’un diplôme d’ingénieur commercial option audit et contrôle en 2005.
 
Son immersion professionnelle débute en 2002 en plein milieu de son parcours universitaire, à l’issue de son BTS en gestion commerciale. En sa qualité de membre du bureau des étudiants (BDE), il organise une foire commerciale qui se tient au Palais de la Culture à Treichville. Cette manifestation qui regroupe une vingtaine d’exposants est couronnée de succès, car elle attire près de 600 visiteurs. Lors de cet évènement, il se découvre un goût prononcé pour le travail en équipe et un talent naturel pour mobiliser les équipes, des qualités qui ne passent pas inaperçus aux yeux d’Alassane Traoré, PDG de NDI (Nouvelles Distributions Internationales), lui-même présent à ce rendez-vous économique. Ce dernier le recrute d’abord comme commercial, puis le promeut à un niveau de responsabilité supérieur en tant que responsables des ventes, une collaboration à temps partiel qui durera pendant près de trois ans, parallèlement à ses études.
 
« Les postures de leadership exercées par Hermann ont facilité les prises d’initiative et ont cultivé l’esprit de challenge au sein de ses équipes. » se rappelle Alassane Traoré.

Article connexe : 30 under 30 : les leaders africains de demain livrent leurs conseils pour réussir
 
En 2005, Hermann Christian Kouassi se rend en France et complète sa formation par l’obtention, deux ans plus tard, d’un Master en Management Financier International à la Rouen Business School (aujourd’hui Noema Business School), ce qui l’amène à travailler comme analyste financier chez Calyon, la banque de financement et d'investissement du groupe Crédit agricole.
 
Les difficultés surviennent lorsqu’il décide de quitter sa zone de confort pour rentrer au pays et s’aventurer sur le terrain entrepreneurial. En Mai 2010, il crée Maurlane Consulting Group (M.C.G), un cabinet de conseil en création et développement d'entreprise, mais se heurte rapidement à la bureaucratie et aux tracasseries administratives qui pèsent lourdement sur ses activités et les conseils qu’il prodigue ne sont pas souvent accueillis favorablement par la plupart de ses clients peu enclin aux changements et aux restructurations nécessaires.
 
Ayant gardé une attache en France, il effectue de nombreux allers-retours entre le continent africain et ce pays où il s'implique activement au sein de la Fédération des Associations de la Diaspora ivoirienne (Fadiv) créée en novembre 2011, une association, dont il est vice-président. Durant l’exercice de ses fonctions, Il y déniche des patrons de start-up et des aspirants entrepreneurs désireux de lancer ou développer des activités en Côte d’Ivoire, mais se lançant seuls dans l'aventure entrepreneuriale. Conscient qu’il y a une grosse carte à jouer, il part du constat que la frontière est très mince entre l’activité de son cabinet de conseil et celle d’un incubateur lambda. Il s’associe à Karamoko Bamba et Arnaud Yao, appartenant tous les deux au Club économique et d’affaires de la diaspora ivoirienne (Ceadi) et lance en Février 2016« Incub’Ivoir » («  Incub » pour incubateur, « Ivoir » en référence à son pays natal, la Côte d’Ivoire), ce qui lui permet de rompre l’isolement en faisant appel à d’autres experts, chacun d’entre eux spécialiste dans leur domaine d’intervention : comptabilité, finance, juridique, marketing et ventes etc… Son offre d’accompagnement destinée aux entreprises est immédiatement bien accueillie par les porteurs de projet.
 
« Les conseils en stratégie et en management prodigués chez Incub’Ivoir me sont très précieux et jouent un rôle important dans le développement de ma société. » se réjouit Thierry Ido Wallon, co-fondateur de FramiTech, une entreprise spécialisée dans la transformation de l'amidon à partir du manioc.

Article connexe : Entrepreneuriat : les 3 erreurs qui peuvent mener votre start-up dans le mur
 
Fort de son expertise, de son expérience et de son savoir-faire, Hermann Christian Kouassi, signe en avril 2016 un protocole d’accord avec 2iE (l’Institut International d'Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement domicilié à Ouagadougou au Burkina Faso), et l’école de management basée à Abidjan où il a passé l’essentiel de son cursus universitaire, l’INSTEC , visant  à encourager les étudiants dans leurs initiatives entrepreneuriales et identifier les projets susceptibles d'être incubés.
 
« En tant que spécialiste de l’entrepreneuriat, Hermann Christian Kouassi participe à nos jurys de sélection de projet dans le cadre des compétions internes à l’école ou internationales, et l’école l’associe au tour de table des projets viables en recherche de premiers financements pour leur démarrage », assure Bernard Brès, directeur du Technopole de 2iE.

Article connexe : Start-up : réussir son oral devant des investisseurs

Mais sa plus grande satisfaction est de parvenir à se positionner comme un interlocuteur fiable et sérieux auprès des fonds d’investissement tels que ENGIE, MORINGA ou I&P, avec lesquels il négocie des levées de fonds pour les projets hébergés chez Incub’Ivoir.
 
Le modèle économique ? Une prise de participation de 5% est opérée sur les projets sortis de la phase d’incubation. Il y a donc un intérêt direct pour Hermann Christian Kouassi qui est d’une certaine façon « condamné » à veiller au bon déroulement du processus d’accompagnement et se voit dans l’obligation de placer toutes les entreprises hébergées sur la voie de la réussite afin de récolter les fruits des efforts déployés en termes de moyens humains, matériels et logistiques.


Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 13 Septembre 2017 - 18:34 Mirabell MAYACK, organisatrice de Business Events

Facebook



Découvrez le sommaire des derniers numéros du magazine


Inscription à la newsletter