Portrait

Etienne Parfait Pek, initiateur de la marque de céréales africaine PEK PEK

Par MIRIAM FOGOUM le 12 Juin 2017


L’entrepreneur camerounais promeut les spécificités culturelles africaines à travers la nutrition infantile.



Jeune Camerounais de 31 ans, Etienne Parfait Pek a trouvé sa voie dans l’innovation, et l’entreprenariat. Il est aujourd’hui à la tête d’une jeune start-up spécialisée dans le mixage des produits comestibles africains et dont le produit-phare est la marque de poudres céréalières PEK PEK : «Nous produisons trois types de produits sous trois marques différentes» nous dit-il «La marque PEK, pour les céréales,  la marque Baby Quick constituée de repas complets pour les bébés, et la marque Légumine déclinée en bouillie infantile.» .  Sa couvée, conditionnée en paquet de 200 grammes, est déjà en vente dans de nombreuses pharmacies de la ville de Yaoundé et devrait bientôt prendre la direction de l’Occident. Ses produits intègrent 60 % d’ingrédients africains qui n’avaient jusqu’alors été que peu utilisés par les spécialistes du domaine de la nutrition infantile : riz, igname, plantain, mil, sorgho, arachide, pistache, légumes verts, feuilles de manioc…
 
Titulaire d’un Master en Marketing et Stratégie obtenu à l’Université Catholique d’Afrique Centrale, le contact direct avec la malnutrition infantile chamboule Etienne Parfait Pek en 2009 « Une grande multinationale de l’agroalimentaire présente au Cameroun a sollicité mes services pour monter une étude marketing car elle voulait comprendre le comportement et les motivations d’achats des mamans camerounaises concernant les produits de nutrition infantile(…) », se souvient-il. «J’ai alors vu une maman qui venait juste de perdre son bébé  à cause de la malnutrition.» Il associe donc les problèmes de malnutrition infantile à la mauvaise utilisation des aliments disponibles plutôt qu’à un manque d’aliments. C’est ainsi que nait le projet PEK BABY NUTRITION.
 
Le jeune homme s’attaque à une pente abrupte. Il investit cinq cent milles francs CFA (760 euros) tirés de ses économies, et constitue dans la foulée une équipe de cinq personnes. «Nous utilisons les ressources locales, l’intelligence locale et la main d’œuvre locale.», assure-t-il.  Pourtant malgré sa rigueur et sa bonne volonté, des problèmes majeurs subsistent, principalement liés aux infrastructures matérielles et industrielles : « Lorsque vous créez des produits de haute facture au Cameroun, il vous faut être très ingénieux, surtout en ce qui concerne l’accès régulier aux emballages de qualité. Nos pays ont été configurés pour ne faire que de la revente des produits fabriqués ailleurs.» Et comme il aspire à se dépasser l’investissement pécuniaire doit également être conséquent. Il a bénéficié de la gratification de PAY INITIATIVES à la suite d’un concours de projets d’entreprises:  «Nous avons perçu un montant de quatre cent mille francs CFA de cette initiative citoyenne américaine.», explique t’il. Son chiffre d’affaires reste encore un tabou, mais sa cible est quant à elle nettement plus précise : « la maman africaine soucieuse  du bien-être de son bébé et désireuse de retrouver une authenticité africaine.»

A lire aussi
Cameroun, la fièvre de l’entrepreneuriat
Le combat des jeunes de la « Silicon Mountain » de Buéa
 


Dans la même rubrique :
< >
Facebook



Découvrez le sommaire des derniers numéros du magazine


Inscription à la newsletter