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Entrepreneuriat : les 3 erreurs qui peuvent mener votre start-up dans le mur

Par Harley Mckenson le 21 Mars 2017


Immergés au cœur de l’écosystème entrepreneurial africain, les incubateurs d’Afrique francophone nous donnent l'occasion de découvrir les trois erreurs les plus fréquemment commises par les entrepreneurs.



Parce que les échecs sont souvent plus instructifs que les succès, mieux vaut garder en tête les erreurs à éviter absolument.

1) Une mauvaise gestion des ressources humaines

Au premier rang de celles-ci, il y a d’abord la délicate gestion des ressources humaines. Les dirigeants d’entreprise ne prennent souvent pas la peine de s’entourer des meilleurs collaborateurs pour tirer parti de leurs compétences et expérience. Lisa Barutel, directrice de La Fabrique, un incubateur d'entreprises sociales basé à Ouagadougou, explique ainsi que « la plupart des entrepreneurs n’accordent pas assez d’importance à l’administration des ressources humaines ». Pour elle, « les entrepreneurs ont tendance à sous-estimer la nécessité de recruter de manière réfléchie leurs collaborateurs et de leur donner un salaire à la hauteur de leur valeur ».  Toujours dans le registre de la relation avec les collaborateurs, la difficulté à déléguer. En Côte d’Ivoire, où Abidjan est devenu une place incontournable pour les start-up en quête d’opportunités commerciales, Hermann Christian Kouassi, fondateur d’Incub’Ivoir, pointe volontiers du doigt le fait que « les entrepreneurs ne délèguent pas assez pour pouvoir prendre du recul et prendre des décisions d’ordre stratégique. Une situation imputable selon lui« à un manque de confiance envers les employés ».
 
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2) Une analyse erronée de l’environnement

Autre cause fréquente de défaillance des projets, une mauvaise lecture de l’environnement des affaires. Directeur de l’incubateur CreaTeam, basé à Bamako, Souleymane Drave, déplore pour sa part que « les entrepreneurs analysent l’état de la concurrence de façon peu rigoureuse ». Lisa Barutel abonde dans le même sens lorsqu’elle souligne le caractère souvent « opportuniste et non stratégique » des activités lancées par les porteurs de projet, « l'erreur résidant dans le fait d'envisager le marché du point de vue de l'offre et non de la demande », décrypte la dirigeante.
 
Un point de vue que partage également Yann Le Beux, un ancien de l’incubateur CTIC Dakar et co-fondateur du lab design YUX Dakar, pour qui « l’une des plus grosses erreurs commises est de ne pas se positionner sur des niches, ce qui engendre parfois des situations de concurrence directe et inutile ».
 
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Résultat, en l’absence d’une analyse de marché rigoureuse, ces dirigeants d’entreprise ont souvent du mal à convaincre des partenaires financiers extérieurs, les business angels restant le plus souvent suspicieux par rapport à ces projets « mal ficelés ».
 
Symptomatique de cette difficulté d’être en prise avec la réalité, Daouda Hamadou, co-fondateur de la structure d’appui Samaria, active au Niger, rappelle quant à lui que « beaucoup de jeunes entrepreneurs négligent de tester leur idée sur le marché avant de la lancer à grande échelle ».
 
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3) Une velléité entrepreneuriale

Enfin, nombre de professionnels actifs au sein des incubateurs soulignent le caractère souvent velléitaire d’une majorité d’entrepreneurs en devenir, certains étant à la recherche de financement de projets qui n’ont même pas encore vu le jour. En clair, l’aventure entrepreneuriale revêt souvent une dimension relevant de l’ordre du fantasme et les porteurs de projet sont convaincus d’avoir trouvé l’idée du siècle et de pouvoir l’exploiter pleinement. C’est en tous cas l’avis d’Ulrich Sossou, co-fondateur de l’incubateur Tekxl, installé à Cotonou lorsqu’il remarque que « certains entrepreneurs oublient que ce n’est pas à eux de proclamer l’utilité de leur produit, mais plutôt aux prospects sur le marché ». Une déconnection avec la réalité qui selon Steve Tchoumba, Business Development Manager chez ActivSpaces à Douala, se traduit aussi parfois, chez certains apprentis patrons, par une propension à claquer l’argent en dépenses inutiles au cours des premières années d’existence de leur entreprise
 
Autant d’erreurs qui obscurcissent souvent l’horizon des entrepreneurs africains mais qui ne sont pourtant pas une fatalité, pour peu que les principaux concernés sachent reconnaître prestement leur faiblesse, corriger le tir et s’entourer des compétences nécessaires.
 
Une philosophie à laquelle adhèreAlban Besse, responsable formation chez Yekolab, un incubateur se trouvant au Congo-Brazzaville lorsqu’il indique qu’« un entrepreneur doit jouer la diversité et la complémentarité des compétences au sein d'une équipe. Dans le cas contraire, il sera quasiment impossible pour la start-up de réussir », prévient-il. A bon entendeur…
 
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