Management

Entreprenarium : impulser l'entrepreneuriat féminin

Par Par Founé Diarra le 30 Mars 2016


Lancée le 8 mars dernier à Kigali à l’occasion de la journée de la femme, la fondation panafricaine Entreprenarium a inauguré la première édition de son programme « Booster les femmes résilientes ».



AFP
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« J'avais perçu la nécessité de contribuer à l'éclosion d'un secteur privé national en accompagnant de manière concrète et mesurable des aspirants entrepreneurs. Avec un parti-pris résolu pour les femmes, pour toutes les raisons que l'on connaît : fiabilité, endurance, productivité, rigueur, impact sur la société », explique Kristine Ngiriye, fondatrice d'Entreprenarium. Forte d'une présence à Kigali, Libreville et Dakar, la fondation, via son programme « Booster les femmes résilientes », propose une formation gratuite à des Africaines ayant la fibre entrepreneuriale. Originaires, donc, du Rwanda, du Gabon et du Sénégal, ce sont 100 entrepreneuses qui participent à cette première édition. D'une durée de six semaines, « le programme se compose de sessions de cours et d’ateliers axés essentiellement sur la méthodologie du Lean Startup, sur l'innovation, ainsi que sur les techniques de gestion et de création d'entreprise », affirme la dirigeante d'une société de conseil.

À l'issue de cette formation, 30 femmes verront leur projet financé, car il aura été jugé « à fort potentiel de croissance ». Au total, chaque pays comptera dix lauréates. « Nos partenaires financiers, dans chaque pays cible, ont pris l'engagement de financer dix projets par pays pour un montant maximal de 50 000 dollars par projet », déclare cette native du Sénégal originaire du Rwanda et résidant au Gabon. D'ailleurs, l'implantation de la structure panafricaine dans ces trois pays n'est pas un hasard. « Au-delà du choix évident du cœur, [...], c'est aussi un choix géostratégique, car nous souhaitions intervenir dans des espaces communautaires distincts pour mieux percevoir les facteurs différenciants de ces pays. » Quant aux 70 autres femmes, la fondation tient à les conserver dans son écosystème afin de poursuivre son engagement : les soutenir grâce à des services de conseil. 

La réalité des chiffres

« 90 % des femmes actives (contre 70 % des hommes actifs) interviennent dans le secteur informel et perçoivent des revenus plus faibles que les hommes. Elles constituent 70 % de la force agricole du continent, produisent 90 % de toutes les denrées alimentaires, alors même qu’elles ne possèdent que 2 % des terres agricoles », rappelle Kristine Ngiriye.

Selon la Société financière internationale du groupe de la Banque mondiale, les femmes sont propriétaires d’environ 48 % de toutes les entreprises africaines alors qu'elles éprouvent des difficultés à obtenir un accès au crédit. Des organisations non gouvernementales - comme Shared Interest - utilisent une offre de garanties pour faciliter cet accès.

Au Nigeria, 41 % des femmes sont entrepreneuses - contre 10 % aux États-Unis - d'après une étude du Global Entrepreneurship Monitor datant de 2013, citée par le bureau d'études Trendwatching. Ce qui vient confirmer les propos de la Banque mondiale, assurant que « le taux de l'entrepreneuriat féminin est plus élevé en Afrique que dans toute autre région du monde ».

Jeune, mais déjà très active

Créée en juillet 2014, la fondation panafricaine Entreprenarium a déjà octroyé une formation à 700 néo-entrepreneurs en plus d'avoir accompagné des entreprises de renom comme Shell, Total ou encore la Caisse des dépôts et consignations dans l’élaboration et le suivi-évaluation de leurs programmes dédiés à l’entrepreneuriat.

D'un montant de 400 000 dollars financés sur les fonds propres de la fondation, le programme BFR « couvre la formation, l'incubation avec tous les services associés, et enfin l'élaboration de tous les outils destinés à l'accompagnement des femmes. » Piqûre de rappel. « Le premier homme était une Africaine. Certes ! Si la femme africaine est à l'origine de l'humanité, je veux croire qu'elle est aussi son avenir le plus prometteur ! », confie cette « serial-entrepreneuse ».


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