Portrait

Daouda Hamadou, un entrepreneur engagé

Par Par Harley Kenguéléwa le 7 Mars 2016


Faire du Niger une nation d’entrepreneurs ? C’est l’objectif que s’est fixé Daouda Hamadou, 34 ans, grâce à Samaria, structure d’accompagnement à la création d’entreprises dont il est le cofondateur. Portrait.



Nigérien issu d’une fratrie de six frères et deux sœurs, né à Bonoua - une ville située à 60 km d’Abidjan en Côte d’Ivoire - d’un père commerçant et d’une mère ayant exercé comme ménagère, Daouda Hamadou devient titulaire d’un Bac scientifique en 2001 et obtient trois ans plus tard un diplôme de technicien supérieur en informatique industrielle à l’École des mines de l’industrie et de la Géologie (EMIG) de Niamey. Ce boulimique de travail a cependant été profondément marqué par le rejet de sa demande de bourse pour étudier à l’École nationale des ingénieurs de Tunis (ENIT) en 2002. Mais il a su tirer profit de cet échec en en faisant un outil pour forger ce mental d’acier grâce auquel il a pu surmonter par la suite les nombreuses difficultés auxquelles il a été confronté.
 
Pendant une dizaine d’années, il fait ses classes en tant que qu’IT manager dans différentes entreprises minières et de télécommunications au Niger : IXCOM Niger, Abass Technology Corporation, Entreprise ETS Maika Niger, Areva Mines Niger…
En octobre 2014, il crée Novatech, une société spécialisée dans le développement des applications web et mobile. Fort du soutien de son épouse et de ses parents qui lui servent de modèles, l’homme fourmille d’idées audacieuses : une application mobile de réservation de taxi baptisée « Taxi-Cool », une application de recherche de stages dénommée « Stage-Express », et surtout Guida, une application de recherche de logements qui constitue le plus abouti de ces trois projets. Son entreprise a d’ailleurs été sélectionnée pour la finale de l’édition 2016 du concours Challenge Startupper de l’année, organisé par le groupe pétrolier Total.

Contribuer à la formation

Parallèlement à ses responsabilités au sein de Novatech, Daouda partage avec son ami Kader Kaneye une passion pour l’entrepreneuriat. Conscients du manque d’entrepreneurs au Niger, ils décident tous deux d’enseigner cette matière à l’université de Niamey en 2014. Ils franchiront une étape supplémentaire en faisant de leur passion un métier et en fondant Samaria, une structure d’appui aux porteurs de projet nigériens. Au-delà du travail d’accompagnement à la création d’entreprises et de la formation au management et au leadership, Daouda Hamadou aide les adhérents à trouver des financements pour leur projet, notamment en les informant régulièrement des différents concours dédiés à l’entrepreneuriat qui peuvent leur donner une chance de remporter un prix en numéraire, à l’instar du programme Tony Elumelu Entrepreneurship Program (TEEP).
 
En à peine un an et demi, Samaria a ainsi formé 600 jeunes entrepreneurs. Toutefois, Daouda ne considère pas le Centre Incubateur des PME au Niger (une structure qui héberge des start-ups) comme un concurrent direct, CIPMEN étant selon lui davantage axé sur l’innovation numérique et les technologies, alors que son entreprise sociale cible indifféremment tous les secteurs de l’économie. Les Nigériens se sont récemment rendus aux urnes pour élire leur nouveau président. Ce que Daouda attend du prochain chef de l’État ? Que celui-ci crée un fonds souverain pour financer les projets de jeunes entrepreneurs nigériens.


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