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Côte d’Ivoire : un nouveau fonds de capital-risque lancé l’an prochain

le 29 Novembre 2016


Ivoire Capital, un fonds africain en cours bouclage, sponsorisé par Investisseurs & Partenaires (I & P) sera inauguré au cours du premier trimestre en 2017 à Abidjan. Dans une interview accordée à Forbes Afrique, David Munnich, en charge du projet I&P Développement 2 (IPDEV2), nous apporte des éclaircissements sur ce tout nouveau fonds d’investissement spécialisé dans les jeunes pousses ivoiriennes.



Côte d’Ivoire : un nouveau fonds de capital-risque lancé l’an prochain

I&P a été à l’initiative de fonds d’investissement au Niger en 2006, au Burkina Faso en 2014 et au Sénégal en 2016. Pourquoi n’avait-t-il pas fait de la Côte d’Ivoire, considérée comme la locomotive économique et le hub sous-régional, sa priorité auparavant ?

David Munnich : Le choix des pays ne s’est pas fait selon un ordre de priorité préétabli. En fait, ce sont respectivement des investisseurs nigériens, burkinabé et sénégalais qui ont manifesté leur souhait d’intégrer le fonds I & P pour son savoir-faire et son expertise, afin de prendre des participations dans des sociétés prometteuses et booster ainsi les projets entrepreneuriaux locaux. Cet intérêt affiché par d’autres partenaires financiers pour une collaboration fructueuse a effectivement débouché sur le lancement de fonds tels que SINERGI Niger, SINERGI Burkina et TERANGA Capital au Sénégal. I & P dispose d’un bureau à Abidjan depuis 2014 et possède déjà des participations dans cinq PME. Mais le dynamisme retrouvé de l’économie ivoirienne a fait prendre conscience à toute l’équipe qu’il fallait également renforcer notre positionnement sur le marché de l’investissement dans ce pays, d’où le lancement prochain d’Ivoire Capital, un fonds composé majoritairement d’actionnaires individuels ivoiriens.

A quel type d’entreprises s’adresse Ivoire Capital ?

DM : Ivoire Capital cible plus particulièrement les entreprises en phase de démarrage mais à fort potentiel de croissance. Il investira dans des projets dont les besoins en fonds de financement s’élèveront à hauteur de 200 millions de Francs CFA, soit près de 300000 euros. Les plans d’affaires en phase de prédémarrage pourront être également étudiés sous certaines conditions.

Comment s’effectuera le processus de sélection des projets ?

DM : Nos experts installés en Côte d’Ivoire réaliseront une due diligence ou une « instruction », c’est-à-dire un ensemble de vérifications très approfondies sur la situation comptable, financière et sociale de la société qui sollicite des fonds, sur les profils de l’équipe dirigeante, sur la stratégie commerciale ou l’état de la concurrence par exemple, afin de se faire une idée précise de la situation globale de l'entreprise avant qu’Ivoire Capital ne se prononce sur un investissement. Les missions locales, les structures gouvernementales et les incubateurs, parmi lesquels Incub’Ivoir, épauleront notre équipe à Abidjan dans la détection des projets entrepreneuriaux à fort potentiel de croissance, mais ce sera bien notre équipe spécialisée dans le due diligence qui sélectionnera en dernier lieu les pépites ivoiriennes de demain. (Voir notre article : Hermann Christian Kouassi veut booster l'entrepreneuriat en Côte d’ivoire.)
 

Quel est le petit « plus » que devront posséder les projets pour faire la différence, en vue d’une levée de fonds chez Ivoire Capital ?

DM : Ivoire Capital rejettera systématiquement les projets proposant une gamme de produits ou services similaires à ceux présents sur un marché ciblé. Le fonds privilégiera les entrepreneurs qui lancent un concept innovant qui se différenciera de ceux existant chez la concurrence en incorporant une nouveauté dans le produit. Le positionnement de la société doit lui permettre d'être distinctif et attractif.

Comment assurerez-vous le contrôle de vos investissements au quotidien, une fois la prise de participations validée ?

DM : Nous n’allons pas exiger de ces sociétés des rapports de gestion au quotidien ! Toutefois, notre bureau à Abidjan s’assurera de la bonne marche des entreprises en sa qualité d’actionnaire, via un conseil d’administration qui se déroulera tous les trois mois au minimum.

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