Management

Comment être repéré par un chasseur de têtes

Par Par Myriam Dubertrand le 26 Mars 2016


Qui n’a pas rêvé d’être contacté par un cabinet de chasseurs de têtes et de se voir proposer un poste à la hauteur de ses ambitions ? Pour attirer l’attention des recruteurs par approche directe, une priorité : être visible. Les moyens ne manquent pas, des réseaux sociaux aux associations professionnelles, en passant par l’enseignement. Tour d’horizon.



Comment être repéré par un chasseur de têtes
Le terrain de jeu des chasseurs de têtes est vaste. « Nous recherchons des candidats dans le monde entier », avertit d’emblée Julien Verspieren, cofondateur du Groupe Fed et partner du cabinet Fed Africa. Dès lors, tout l’enjeu pour le cabinet est d’identifier sur tous les continents les candidats potentiels et, pour les cadres dirigeants, d’être suffisamment visibles pour être repérés. « Il faut acquérir une visibilité tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’entreprise, savoir précisément ce que l’on vise, et être cohérent dans sa démarche, souligne Guillaume Imbert, partner du cabinet Adexen. Une forme d’autopromotion est nécessaire. » Il encourage d’ailleurs les femmes cadres dirigeantes à jouer le jeu. « Elles ont en général plus de difficultés que leurs homologues masculins avec cette mise en avant de soi. Ce qui peut être pénalisant pour leur carrière. » Bref, il faut oser communiquer tous azimuts.

Les réseaux sociaux

Pour ce faire, les réseaux sociaux sont d’excellents alliés. LinkedIn, qui fait la course en tête en Afrique, mais aussi Viadeo, plus utilisé en Afrique francophone, ainsi que Twitter ou Facebook sont des incontournables. Encore faut-il bien les utiliser. « Il est indispensable que le profil soit régulièrement alimenté, précise Julien Verspieren, que la fiche soit à jour et que les descriptions du parcours, des réalisations et des ambitions soient clairs. » La plupart des réseaux sociaux disposent d’un moteur de recherche, très prisé des recruteurs… Pour vous mettre en avant, plusieurs solutions.

Vous pouvez miser sur les groupes de discussion. Postez-y régulièrement un message rappelant vos compétences clés et le type de mission que vous recherchez. S’inscrire n’est cependant pas suffisant. Il faut susciter l’intérêt en laissant, par exemple, des commentaires… Bref, il ne faut pas se contenter d’être simple spectateur. « Pourquoi ne pas avoir son propre blog, suggère Guillaume Imbert. Un manager de transition, par exemple, pourrait y partager ses expériences et se créer ainsi un lectorat valorisant son expertise. » Même son de cloche du côté de Didier Acouetey, président du cabinet Africsearch. « L’idéal pour se différencier est de créer son propre marketing social et de fédérer autour de vous. » Quant aux recommandations, elles divisent les recruteurs. « Je les utilise très peu. Elles sont souvent dithyrambiques, confie Didier Acouetey. Disons qu’elles peuvent participer à créer des a priori favorables, qui seront, de toute façon, à vérifier lors des entretiens. » Bref, pour être utiles, elles doivent être dosées et faites de manière pertinente. A utiliser donc à bon escient. Les recruteurs sondent également les bases de données des job-boards, souvent des sites locaux par pays, mais « il n’existe pas de grands job-boards au niveau panafricain », précise Guillaume Imbert. Pensez aussi aux associations d’anciens élèves, bon vivier pour les chasseurs de têtes.

Les réseaux professionnels

Après le virtuel, retour à la réalité. L’autopromotion passe aussi par les réseaux professionnels. Les grandes fonctions de l’entreprise ont des organisations professionnelles au niveau national, voire au niveau africain. C’est le cas, par exemple, pour la fonction ressources humaines avec l’Association africaine des formateurs et directeurs du personnel (AFDIP), qui regroupe des associations de DRH de treize pays. Autre approche : les associations selon le secteur d’activité. Exemple : l’Association professionnelle des banques et établissements financiers de Côte d’Ivoire. « Il y a des choix à faire selon les critères d’exposition, d’implication des acteurs ou encore de niveau des membres », explique Didier Acouetey. Les salons professionnels sont aussi fréquentés par les chasseurs de têtes, à l’image de CA Global qui suit tout particulièrement les salons des secteurs minier et pétrolier. 

Un autre excellent moyen d’être visible en mettant en avant son expertise est d’intervenir lors de tables rondes, de conférences, ou d’ateliers-débats lors de manifestations professionnelles. Bref, d’auditeur, il s’agit de devenir acteur. Le mieux étant, selon le président d’Africsearch, de communiquer via son entreprise, « ce qui montre de la reconnaissance de la part de l’entreprise en mettant en avant un bon élément interne ». Pour ceux ayant des talents de pédagogues, pourquoi ne pas tenter l’enseignement. Être publié peut également être une excellente carte de visite. « Hélas, les dirigeants africains ne publient pas suffisamment ! », regrette cependant Didier Acouetey. Enfin, pourquoi ne pas répondre en tant qu’expert aux journalistes de la presse spécialisée de son secteur. En cas de changement de poste, n’oubliez pas d’en faire part à la presse professionnelle. Les rubriques Nominations sont très lues, et notamment par les chasseurs de têtes. Enfin, ne négligez pas le volet privé : en Afrique, il existe une grande porosité entre la sphère personnelle et professionnelle, n’hésitez pas à faire part de vos projets professionnels lors d’invitation à des événements festifs privés.

Créer une vraie relation

Vous ne pensez pas être une pointure suffisante pour pouvoir espérer être contacté spontanément ? Avez-vous intérêt à envoyer votre CV aux cabinets de chasseur de têtes ? Oui, car finalement la première visibilité est là. Mais, attention il ne suffit pas d’envoyer son CV une fois et d’attendre des mois, voire des années sans donner signe de vie. « Le candidat doit créer une vraie relation avec le cabinet », souligne Didier Acouetey. Comment ? En faisant vivre son CV, c’est- à-dire en l’actualisant régulièrement, en recontactant périodiquement le chasseur de têtes, en montrant qu’il est en veille sur son marché. La caricature ? « Le candidat qui a envoyé son CV il y a trois ans et qui s’étonne de n’avoir reçu aucune proposition ! », relate le président d’Africsearch. Ou, à l’inverse, le candidat qui appelle toutes les semaines.

Pour Sébastien Roger, directeur général du cabinet d’Executive Search CA Global Europe, pour qui la relation candidat-chasseur de têtes doit être une relation « donnant-donnant », « l’idéal est de recontacter le cabinet tous les trimestres environ, en n’oubliant pas les moments-clés comme, par exemple, les vœux pour la nouvelle année. » Autre chose à éviter absolument sous peine de se « griller » : faire semblant d’avoir l’air intéressé par la proposition, réaliser trois, voire quatre rendez-vous avant de laisser tomber. Le chasseur de têtes pourra s’en souvenir… La relation doit être fondée sur la confiance. Vous n’avez aucune intention de bouger ? Dites-le. Néanmoins, même si vous êtes pour le moment comme un poisson dans l’eau dans votre poste et votre entreprise, restez ouvert. N’hésitez pas à consacrer un peu de temps aux chasseurs de têtes, même en tant que simple source d’informations. Ils apprécieront votre démarche et ce peut être un premier jalon pour la suite...


publié en mars 2014


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