Rédigée le 31 Octobre 2017

Bagages


Numéro 48, daté Octobre 2017.
Numéro 48, daté Octobre 2017.
On les fait, on les défait, on les porte, on les transporte, on les pèse, on les enregistre, on les trimballe de lieu en lieu comme une tortue porte sa carapace. Ils contiennent nos affaires : vêtements et accessoires, objets divers, souvenirs, crèmes et parfums, trouvailles et trésors. Mais il arrive qu’ils ne nous suivent pas. Laissés pour compte à l’aéroport de départ, envoyés par erreur sur une destination autre, perdus dans une montagne de bagages non identifiés, parfois volés, subtilisés par quelque individu mal intentionné. A quelle fin? Mystère et boule de suif! Lorsque cela nous arrive, nous sommes ennuyés, agacés, furieux, découragés. Nous nous sentons impuissants. Surtout que cela se passe toujours lorsque nous venons de faire nos courses, lorsque nous devons assister à un événement important qui exige que nous soyons sur notre trente-et-un! Il y eut une époque où une certaine compagnie aérienne que nous empruntions pour voyager de la perfide Albion vers les capitales africaines perdait quasi systématiquement nos valises et nous les livrait beaucoup plus tard. Ainsi nous avons reçu nos bagages après Noël à Dakar, retrouvé nos valises la veille de notre départ de Cotonou, et racheté de quoi séjourner à Cape Town à l’occasion d’un mariage. Il faut être prévoyant me direz-vous. Bien entendu! Mais avec les consignes de sécurité de nos jours, on ne peut plus avoir de bagages à main trop lourds ni trop gros, on ne peut plus prendre sa trousse de toilette avec soi, et patati et patata… Nous voilà donc à la merci des bagagistes et des compagnies aériennes. Et puis, cerise sur le gâteau pour ceux d’entre nous qui voyagent sans cesse, il arrive que, épuisés et pressés de rentrer dormir, nous oubliions tout simplement le bagage à l’aéroport! Si, si… Je vous assure! Brutalement, vous vous en rendez compte, vous y retournez, affolé, vous courez dans tous les sens, vous rendez visite au bureau des objets trouvés, faites un détour par la consigne bagages et le bureau des informations. Partout, une voix navrée vous répond qu’on n’a rien trouvé et qu’il n’y pas eu de procédure d’urgence (autrement dit la police n’a pas fait exploser votre valise) mais que, hélas, il se pourrait que quelqu’un ait eu l’indélicatesse de l’emporter! Eh oui, ma bonne dame… Et là, patatras, misère! Vous perdez tout : les belles fringues, les accessoires chics, la trousse pleine de produits de beauté in-dis-pen-sables qui vous ont coûté les yeux de la tête. Personne sur qui passer sa frustration. Vous «attrapez votre coeur» car vous n’avez plus que vos yeux pour pleurer et vous comptez les dégâts. Le bilan est si lourd que vous en êtes assommé. Ce n’est pas le prix, c’est la valeur affective. Respirez un bon coup pour digérer la boulette. Vous vous dites qu’il est temps de renouveler votre garde-robe. Sympa? Pas sûr que votre portefeuille soit forcément d’accord.
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