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BIG BARRELS ou comment conjurer la malédiction de l’or noir

Par MICHAEL TOBIAS le 5 Juillet 2017


Co-écrit par NJ Ayuk, avocat spécialisé en énergie et entrepreneur, et João Marques, chercheur en énergie et éditeur, Big Barrels : African oil & gas and the quest for prosperity est un livre sur la réalité de l’or noir et de son exploitation en Afrique. Il remet en question la préconception répandue que les pays africains riches en ressources naturelles souffrent - et sont trop souvent victimes - des effets de la " malédiction de l’abondance". La réalité, selon les auteurs est bien plus complexe. Pour NJ Ayuk et João Marques "Les faits montrent clairement que le développement responsable et durable des ressources naturelles est possible. C’est la voie la plus rapide et efficace pour la paix et la prospérité pour beaucoup de ces nations. Comment ce développement peut-il être mené ? est la question au cœur du livre ». Forbes Afrique a interrogé M° Ayuk, l’un des auteurs, sur les enjeux pour l’Afrique de l’économie du pétrole et du gaz.



NJ Ayuk.
NJ Ayuk.

Avec Big Barrels, vous avez voulu remettre en question la perception que les pays africains souffrent systématiquement de la « malédiction des ressources» et montrer ce que les pays ont fait de bien. Mais ne sommes-nous pas loin du développement durable de ces ressources ?

NJ Ayuk : Cela varie d'un pays à l'autre et dire que l'Afrique est loin du développement durable des ressources naturelles est une déclaration trop générale. De nombreux pays mettent en place des systèmes de réglementation et d'imposition remarquables pour développer durablement leurs ressources pétrolières et gazières. Le Ghana est un très bon exemple car c’est un pays qui a un système de réglementation très moderne. Il a fallu 40 ans à la Norvège pour créer un fonds souverain, tandis que le Ghana a mis en place le même fonds en 25 jours. La Guinée Equatoriale a monétisé son gaz et fait figure de pionnier au niveau mondial. Le pays investit fortement dans la pétrochimie et dans le gaz. Le Nigéria s’est fait le champion du contenu local et de fait, a vu de nombreux acteurs africains se lancer dans le secteur pétrolier. Il reste encore beaucoup à faire pour diversifier les économies et bénéficier de nos ressources. Mais il est important de reconnaître ce qui a été fait de bien et nos progrès.

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Vous ne niez pas les problèmes, dont la mauvaise gestion et la corruption qui affectent l'industrie du pétrole et du gaz en Afrique. Quelles sont les solutions à long terme et comment est-ce que votre livre peut aider à trouver ces solutions ?

Notre génération doit exiger le changement et trouver des solutions. Ces solutions sont africaines. C’est à nous, politiciens, entrepreneurs, avocats et citoyens de faire bouger les choses. Avec Big Barrels, j’ai voulu mettre en avant les réussites africaines et souligne les exemples de d’expériences positives face à ces freins au développement. Nous devons écrire nos propres règles, créer un environnement favorable aux affaires et améliorer la bonne gouvernance.
 

Big Barrels est votre premier ouvrage. Quelle est votre expérience dans l’industrie pétrolière et pourquoi avoir écrit ce livre ?

Cela fait des années que je travaille dans ce secteur avec les entreprises et les gouvernements pour construire une société plus forte et des économies diversifiées grâce aux revenus du pétrole et du gaz. C’est à nous de faire progresser nos économies. Nos ressources naturelles devraient être utilisées pour stimuler la croissance. J’ai écrit ce livre pour ouvrir le débat et lancer la conversation sur des problèmes comme la mauvaise gestion et la corruption et sur ce qui a été fait de positif, afin que nous puissions aller de l'avant.

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A qui s’adresse Big Barrels ?

Etudiants, entrepreneurs, décideurs… Tous ceux qui sont intéressés par le secteur pétrolier et gazier, et par le développement durable des ressources naturelles en Afrique.

Vous conseillez les gouvernements, les grandes entreprises et les institutions. Avez-vous déjà représenté ou envisagé de représenter la société civile, pour demander des réformes plus vigoureuses et un partage des richesses plus équitable ?

Centurion, mon cabinet d’avocats s’engage fortement pour soutenir les jeunes et les entrepreneurs africains. Nous les accompagnons pour développer un contenu local solide qui constitue une étape cruciale dans la création d'une société civile équilibrée. Nous pouvons également provoquer le changement en prenant part aux discussions au sein des conseils d’administration des entreprises. Le secteur privé a son rôle à jouer et a une grande influence, tout comme les gouvernants, sur le développement de la société civile.

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Comment voyez-vous l’industrie du pétrole dans les années à venir et pensez-vous que les pays africains sont prêts à mettre en place une meilleure stratégie de développement de ces ressources ?

Personne ne peut faire de prédiction. Ceci étant, je pense que de nombreux pays africains sont en train de créer et de mettre en place de meilleures stratégies pour mieux exploiter les ressources pétrolières et gazières. Je pense au Ghana, à la Tanzanie, au Mozambique et à l'Ouganda. L'Afrique qui a été le lieu des grandes découvertes au cours de ces dernières années, continuera à être une région de premier plan pour l’exploration et la production. Les pays africains sont prêts.

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