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Afrique subsaharienne : Développer les infrastructures pour augmenter le PIB

Par Patrick Ndungidi le 21 Avril 2017


Développer et améliorer les infrastructures en Afrique pourrait augmenter le PIB par habitant de 2,6 % chaque année. C’est ce qu’indique la Banque mondiale (BM) dans la 15ème édition d’Africa’s Pulse, sa publication semestrielle qui analyse l’état des économies africaines.



Le rapport de la Banque mondiale s’intéresse à la relation entre croissance des infrastructures et croissance de l’économie. Il examine aussi le niveau des investissements publics et l’efficacité des dépenses. Dans le domaine des infrastructures, indique l’institution de Bretton Woods, l’Afrique est à la traîne par rapport aux autres régions en développement et se situe actuellement au dernier rang de toutes les régions en développement, pour la quasi-totalité des indicateurs de performance. Voilà pourquoi, la Banque mondiale estime que les investissements dans les infrastructures pourraient réduire la pauvreté et favoriser le développement économique.
L’étude révèle que l’ensemble des pays africains, à revenu intermédiaire ou faible, ont enregistré ces 25 dernières années une expansion rapide de la couverture des services de télécommunications. En outre, explique-t-on, les taux d’accès à l’eau potable ont également bien progressé, pour passer de 51 % en 1990 à 77 % en 2015. A contrario, la capacité de production électrique par habitant notamment a peu augmenté en vingt ans car seulement 35% de la population a accès à l’électricité. « Les transports sont également à la traîne : l’Afrique subsaharienne est la seule région du monde où la densité routière a baissé au cours des deux dernières décennies », indique l’étude la BM. Pour l’institution de Bretton Woods, si l’Afrique parvenait à atteindre un niveau d’infrastructure égal à celui de la médiane des autres régions en développement, son PIB par habitant pourrait progresser de 1,7 % supplémentaire chaque année. Et si elle se hissait au niveau des « meilleurs élèves » en la matière, les profits se chiffreraient à 2,6 % de plus par an. Ces gains de croissance potentiels résideraient en grande partie dans le développement de la capacité de production électrique.

Rendre efficace l’investissement public

Cependant, constate l’étude la BM, les dépenses publiques d’équipement ne permettent pas actuellement de répondre aux besoins d’infrastructures des pays africains. A ce sujet, les données budgétaires recueillies par l’initiative BOOST pour 24 pays d’Afrique subsaharienne indiquent que les États ont consacré 2 % de leur PIB aux dépenses d’infrastructure sur la période 2009-15. « Les routes se taillent la part du lion, puisqu’elles absorbent les deux tiers des investissements d’infrastructure consentis dans la région. Le secteur de l’électricité représente quant à lui 15 % du volume total des dépenses d’équipement, à l’instar de celui de l’eau et de l’assainissement », souligne le rapport, tout en mettant en évidence le fait que le budget alloué aux dépenses d’infrastructure est sous-exécuté.  A ce sujet, Punam Chuhan-Pole, économiste principale de la Banque mondiale pour l’Afrique et auteur du rapport indique que l’investissement public pourrait avoir des effets plus positifs sur la croissance économique si les pays prenaient des mesures pour le rendre plus efficace. « Il est prouvé qu’un pays disposant d’un bon système de gestion des investissements publics génère davantage d’investissements privés », a-t-il expliqué. Pour cela, les États doivent notamment améliorer les institutions et les procédures qui régissent l’évaluation, la sélection et le suivi de leurs projets d’investissement. Entretemps, souligne la BM, les partenariats public-privé ne représentent encore qu’un marché très réduit en Afrique subsaharienne, où ils ne concernent qu’une poignée de pays : l’Afrique du Sud, le Nigéria, le Kenya et l’Ouganda.


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