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Afrimarket : la plateforme d’e-commerce à l’ascension fulgurante

Par Patrick Ndungidi le 14 Mars 2017


Devenir un acteur de référence du commerce en ligne en Afrique francophone. Telle est l’ambition d’Afrimarket, une plateforme d’e-commerce dédiée à l’Afrique.



Jérémy Stoss et Rania Belkahia, fondateurs Afrimarket.
Jérémy Stoss et Rania Belkahia, fondateurs Afrimarket.
Afrimarket est une plateforme d’e-commerce destinée aux africains basés en Europe et en Afrique. Elle a été créée en 2013 par Rania Belkahia, 27 ans, d’origine marocaine, et Jeremy Stoss. Les deux associés se sont rencontrés alors que Rania Belkahia, diplômée de Télécom Paris Tech et d’HEC, effectuait son stage de fin d’études dans un Cabinet de conseil, filial du groupe Bolloré. Jeremy Stoss est alors directeur Afrique de ce Cabinet. « On travaillait ensemble sur le déploiement de la fibre optique entre Abidjan et Bouna en Côte d’Ivoire. Un de ses collègues recevait souvent de l’argent de sa famille. C’est ainsi que l’on s’est intéressé en profondeur au marché du transfert d’argent. On s’est rendu compte que 60 milliards de dollars transitaient vers l’Afrique tous les ans. 12, 5% de commission est taxée par les opérateurs traditionnels de transfert d’argent. Quand on regarde plus structurellement le marché, l’argent envoyé est destiné à financer les besoins courants. C’est ainsi qu’on s’est positionné avec Afrimarket, en proposant une plateforme de e-commerce dédiée à l’Afrique », explique Rania Belkahia.

Levée de fonds de 10 millions d’euros

Près de quatre ans après sa création, Afrimarket affiche une bonne santé financière avec un chiffre d’affaires en constante évolution. Ce dernier, fait savoir Rania Belkahia, s’évalue à plusieurs millions d’euros. En outre, en septembre dernier, la plateforme d’e-commerce a opéré une levée de fonds de 10 millions d’euros, augmentant ainsi son capital. Afrimarket bénéficie des investissements de grands groupes tels qu’Orange, Proparco (Institution financière, filiale de l’agence française de développement, au service du secteur privé et du développement durable) ou encore le fonds anglais Global innovation fund. « Ce sont des acteurs qui ont la même ambition que nous, à savoir créer de la valeur au Sud, créer des services à valeur ajoutée dans les zones qui en ont le plus besoin. Cette levée de fonds nous permet d’avoir des chiffres en pleine croissance avec de nouveaux outils ainsi que nouveaux services et offres que l’on propose sur notre plateforme », précise la CEO d’Afrimarket.

De nouveaux services pour une classe moyenne émergente

La plateforme d’e-commerce permet ainsi aux africains de la diaspora d’acheter et de faire livrer des produits dans les cinq pays francophones où Afrimarket dispose de filiales. En outre, dans trois de ces pays (Côte d’Ivoire, Sénégal, Bénin), elle propose à ses clients une offre locale d’e-commerce. Le choix de ces pays, explique Rania Belkahia, se justifie par le fait que ces derniers disposent d’une classe moyenne émergente qui a besoin et qui est en demande de nouveaux services. « Avant de lancer Afrimarket, on n’avait aucune idée du panier moyen qu’il y a dans ces pays. On pensait qu’il serait largement inférieur au panier français par exemple. Au sein de la diaspora, le panier moyen est de 150 euros. En Afrique, il est autour de 90 euros. Ce qui est très élevé. La diaspora de ces pays est très présente en France, il y a des flux qui proviennent de la France. Et en local, il existe une classe moyenne émergente », fait-elle savoir.

One Stop Shop

Afrimarket, révèle sa co-fondatrice, dispose d’un catalogue de plus de dix mille produits et compte actuellement en Afrique plus de 100 mille clients locaux. Au niveau de la diaspora, la plateforme dispose de plus de 50.000 clients. L‘entreprise compte une centaine d’employés dont une trentaine en France.  « Notre ambition est de devenir le « One Stop shop ». Si on veut quelque chose, on va le trouver sur Afrimarket. Il y a un besoin qui n’est pas encore couvert qui est celui de proposer aux clients d’avoir accès à tous les produits de leur choix. Aujourd’hui en Afrique, les clients recherchent des produits de qualité. C’est ce qu’on leur apporte. Les gens veulent le service qui apporte le plus de création de valeurs. Tous nos produits ont le label Afrimarket. Notre volonté est de construire un e-commerce africain, avec de la satisfaction client, de la prise de commande jusqu’à la livraison. En créant cette plateforme d’e-commerce, notre volonté était de remettre le client au centre », explique Rania Belkahia.

Tout livrer partout et rapidement

Actuellement, Afrimarket effectue un peu plus d’un millier de livraison par jour dans les 5 pays africains qu’elle couvre. Le temps de livraison est de 1,2 jour dans les capitales et de 3,5 jours pour les articles destinés à être livrés à l’intérieur du pays, malgré les défis logistiques qui demeurent énormes. « Notre promesse est de tout livrer partout en moins de 5 jours. A chaque problème que l’on rencontre, on trouve une solution et on met en place de nouvelles procédures », précise la CEO. La plateforme d’e-commerce va bientôt développer son offre au Mali seulement pour la diaspora car, estime Rania Belkahia, la classe moyenne malienne n’est pas encore assez consolidée pour accueillir un service de e-commerce local. Avant de se lancer à la conquête d’autres pays africains, les dirigeants d’Afrimarket souhaitent avant tout consolider leur présence dans les pays où ils sont présents pour y devenir la plateforme de référence du e-commerce en Afrique de l’Ouest pour tous (Clientèle locale et diaspora). « Notre principal challenge aujourd’hui est de faire connaître notre offre à tous les africains qui ont envie d’en bénéficier », estime Rania Belkahia. En décembre dernier, Afrimarket a reçu le prix du jeune entrepreneur de l’année du MEDEF (Mouvement des entreprises de France).


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